Echappée de justesse

Publié le par Nemertes

à l'hospitalisation hier soir, après avoir raconté à ma psychologue, Mme S que je séchais depuis 1semaine et qu'une fois elle m'a demandé :
Moi, perdue dans mes pensées.
- A quoi vous pensez ?
Deux longues minutes après, je répondis avec un sourire gêné :
- A la mort.
- Bon, on va arrêter de tourner autour du pot, vous allez voir le Dr O!
En voyant le Docteur O, je savais que je risquais de "tomber dans le piège".
Elle a finit par me convaincre, après tout j'admirai ce docteur (lol)
Quelques instants après j'entendis la voix de Mme O :
- Bon, je vais la voir...
On s'était salués juste avant l'entretien avec Mme S.
Avec un grand sourire comme à son habitude, elle me serra la main. Elle avait les mains gelées, presque violettes.
- Bon alors Mme S m'a raconté que vous alliez à nouveau pas très bien, qu'es ce qui se passe ? Vous pourriez me décrire ?
- Je me sens comme dans un rêve, l'impression d'être là, sans être là...de la lassitude, plus envie de grand chose...
- Vous allez en cours ?

- Plus trop depuis lundi dernier...
- Mais alors qu'es ce que vous faites ? à la maison ?
- Non, je ne reste pas chez moi, je traine dehors...dans le train, bien au chaud...Je vais au Mcdo, pour me connecter au Wifi et passer le temps sans que mes parents sachent que je ne vais pas en cours...

Je souriais.
Son regard noir devenait mystérieuse.
- Hum, qu'es ce qui est dur pour vous d'aller en cours ?
- L'ennui...(je ne sais plus ce que j'ai dit d'autres)

Après plusieurs échanges, elle prenait un air encore plus sérieux :
- Bon je vous hospitalise, je ne peux pas vous laisser comme ça ! Vous comprenez ?
- Je n'ai pas le choix ?
Je ne vous laisse pas le choix ! On va appeler vos parents pour les prévenir. Vous avez leur numéro
?
- 01 XX XX XX XX...

Mon père répondit et passa l'appareil à ma mère. Sans doute à moitié paniquée.

NB : Photo d'un hopital psy des années 1950 par le photographe J-P Charbonnier.
 
1/2 heure plus tard, ils étaient là, un entretien à quatre !
Le médecin expliquait avec enthousiasme, "ma souffrance" dans les grandes lignes, que ce n'était pas de la paresse, mais que j'étais "en détresse" !
- Votre fille n'est pas en état d'aller en cours, mais il faut qu'elle vous le dise si elle n'y va pas ! C'est très important !
Elle se tournait vers moi.
Moi, avec une toute petite voix :
- Je préfererai rentrer chez moi...
Silence.
- Bien je vous l'accorde parceque votre état se limite à ça, mais à une condition !
(je ne lui avais pas parlé de tout)
Que vous venez aux urgences si jamais vous avez des idées suicidaires...Comme vous l'avez déjà faite ! Souriais t-elle.
- Oui d'accord...
dis-je avec une voix presque hésitante.

Voilà comment j'ai échappé au "temps plein" (unité d'hospi à temps plein).
A noter que la qualité de soins hors médecins psychiatres, est meilleur à l'étage du dessus, au Centre d'accueil et de Thérapie à Durée Brève (CATDB, l'hospitalisation y est de 15j maximum, contrairement au temps plein)
J'aurai bien voulu retourner au CATDB, où on est bien accueilli, écouté, de manière génèral, c'est plus froid à l'étage du dessous, même les repas sont moins bonnes !

Demain, je dois téléphoner au CMP, pour essayer d'avancer mon rdv avec le dr V du 13 février, à la demande du Docteur O. J'espère que je pourrai la voir demain ou vendredi, même si la secrétaire m'a dit qu'elle ne pouvait pas avant... :p

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